--- title: "Autoconsommation sans revente : la CACSI reste obligatoire sans vendre un kWh" url: https://www.infos-solaire.com/autoconsommation-sans-revente.html author: "Frédéric Jézégou" date_published: 2026-10-15T11:00:00+00:00 date_modified: 2026-10-20T14:00:07+00:00 categories: ["Autoconsommation"] image: https://www.infos-solaire.com/uploads/2026/10/autoconsommation-sans-revente.webp description: "En autoconsommation sans revente, toute la production reste dans la maison." site: "Infos-Solaire" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Autoconsommation sans revente : la CACSI reste obligatoire sans vendre un kWh > En autoconsommation sans revente, toute la production reste dans la maison. La convention CACSI avec Enedis et l’attestation Consuel restent pourtant obligatoires, même sans vendre un seul kilowattheure. L’autoconsommation sans revente consiste à utiliser toute votre production dans la maison, sans rien envoyer sur le réseau. Elle exige tout de même une convention avec Enedis, la CACSI, et une attestation Consuel, même si aucun kilowattheure n’est vendu. ## Le principe : tout ce qui est produit reste chez vous Vos panneaux alimentent d’abord vos appareils : réfrigérateur, box, chauffe-eau, lave-linge. Le courant manquant vient du réseau, comme avant. Le courant produit en trop doit être évité : l’installation est dimensionnée et pilotée pour ne rien injecter. Selon la documentation d’Enedis, un dispositif de bridage peut être ajouté pour limiter la production si nécessaire. Ce schéma s’appelle l’autoconsommation totale sans injection. Il se distingue de l’autoconsommation avec vente du surplus, où le courant excédentaire part sur le réseau et rapporte quelques centimes par kilowattheure. **Définition** Sans revente, la production reste dans l’installation intérieure de la maison. Le raccordement au réseau public sert uniquement à l’appoint quand les panneaux ne suffisent pas. ## Pourquoi choisir de ne pas vendre le surplus Le rachat du surplus par EDF OA, pour les installations jusqu’à 9 kWc, se fait à 1,1 c€/kWh HT sur un contrat de 20 ans (chiffre au 20/10/2026). Le tarif Bleu d’EDF, lui, se situe à 0,2001 €/kWh en option Base au 1er août 2026. Un kilowattheure consommé chez vous évite donc un achat bien plus cher que ce que rapporte un kilowattheure vendu. Pour cette raison, certains foyers préfèrent renoncer à la revente et viser un taux d’autoconsommation élevé. Ils évitent aussi le contrat de rachat et ses obligations administratives. Un petit système sur un toit bien exposé, combiné à une consommation en journée, s’y prête bien. La rentabilité réelle dépend de votre profil de consommation. Pour la chiffrer, utilisez l’[outil de rentabilité des panneaux solaires](https://www.infos-solaire.com/outils/rentabilite-panneaux-solaires/) et lisez l’article sur la [rentabilité du photovoltaïque](https://www.infos-solaire.com/rentabilite-panneaux-solaires.html). ## Linky : ce que le compteur fait dans ce schéma Le compteur électronique de la maison mesure ce que vous soutirez au réseau. Enedis précise qu’aucun comptage d’injection n’est requis pour la totalité sans injection, mais qu’il vérifie que le compteur est électronique pour mesurer correctement les flux en cas d’injection accidentelle. Un compteur Linky remplit ce rôle. Si une petite quantité de courant part sur le réseau par accident, le compteur la voit. C’est pourquoi l’installation doit être réglée avec soin, pour que la production ne dépasse jamais la consommation du moment. **Piège courant** Oublier la CACSI parce qu’on ne vend rien. La convention est obligatoire même sans revente, d’après la règle en vigueur au 20/10/2026. ## La déclaration : la convention CACSI avec Enedis Pour une installation sans injection raccordée en basse tension, Enedis propose un contrat simplifié et dématérialisé, la Convention d’Auto-Consommation Sans Injection, ou CACSI. Elle se conclut en ligne via le portail d’Enedis pour les raccordements jusqu’à 36 kVA. Enedis indique que son document ne fixe pas de plafond de puissance propre à la CACSI. La démarche complète comprend plusieurs étapes : 1. Déclaration préalable de travaux en mairie, en général nécessaire pour des panneaux en toiture. 2. Demande de raccordement et signature de la CACSI avec Enedis. 3. Pose des panneaux et de l’onduleur par un professionnel. 4. Attestation Consuel, qui vérifie la conformité électrique. 5. Mise en service, avec contrôle du réglage anti-injection. Enedis rappelle que tout nouveau raccordement en basse tension est soumis à un certificat de conformité délivré par le Consuel. Le détail des étapes se trouve dans l’article sur l’[installation d’un panneau solaire](https://www.infos-solaire.com/installation-panneau-solaire-etapes.html). Retrouvez aussi la documentation d’Enedis sur l’autoconsommation sans injection. ## Les limites de l’autoconsommation sans revente Sans revente, chaque kilowattheure produit au-delà de votre consommation est perdu, car il est bridé ou non produit. Un système trop grand gaspille donc de la puissance. La taille idéale se cale sur votre consommation de journée. Autre limite : le calendrier de production. Les panneaux produisent surtout à midi en été, alors que beaucoup de ménages consomment le matin et le soir. Sans stockage, le taux d’autoconsommation reste limité. Quelques gestes améliorent ce taux : décaler les machines en journée, programmer le chauffe-eau sur les heures de soleil, brancher la recharge du vélo électrique l’après-midi. Une batterie augmente la part de production utilisée, mais elle coûte entre 700 et 1 000 € par kWh de capacité, posée (prix indicatif au 20/10/2026). Les conditions de rentabilité sont détaillées dans l’article sur la [batterie solaire de maison](https://www.infos-solaire.com/batterie-solaire-maison.html). **Dimensionner juste** La puissance se règle sur la consommation de journée. Au-delà, le surplus n’est pas payé : il est perdu. ## Aides et fiscalité sans revente La prime à l’autoconsommation a été supprimée pour les demandes complètes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026 (arrêté du 1er juin 2026). Selon économie.gouv.fr, elle exigeait de toute façon l’autoconsommation avec vente du surplus. Sans revente, elle n’était donc pas accessible. La TVA à 5,5 % reste possible pour les installations jusqu’à 9 kWc, sous conditions : bilan carbone des modules, système de gestion de l’énergie, fourniture et pose par le même professionnel. Hors conditions, la TVA est de 20 % : l’ancien taux de 10 % jusqu’à 3 kWc est supprimé depuis le 1er janvier 2026. Pour les aides actuelles, voyez l’article sur les [aides pour un panneau solaire en 2026](https://www.infos-solaire.com/aide-panneau-solaire-2026.html) et la page d’[economie.gouv.fr sur les aides à l’installation](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/faire-des-economies-denergie/installation-de-panneaux-solaires-vous-avez-droit-des). La qualification RGE (QualiPV) de l’installateur reste un gage de compétence, même sans contrat d’obligation d’achat. Un « agrément EDF » officiel n’existe pas. **Chiffre de comparaison** À titre indicatif, un 6 kWc posé coûte environ 10 000 € sans batterie, d’après un relevé de 11 devis. ## Faut-il choisir ce schéma ? Ce choix convient quand votre consommation de journée est forte et que la simplicité compte. Avec une présence à la maison, du télétravail ou un chauffe-eau électrique, une grande part de la production est utilisée directement. Dans le cas inverse, la revente du surplus récupère au moins quelques centimes. Un installateur peut simuler les deux options sur votre facture. Utilisez aussi l’[outil de calcul de production](https://www.infos-solaire.com/outils/calcul-production-solaire/) pour estimer ce que vos panneaux produiront. [Trouvez un installateur RGE près de chez vous](https://www.infos-solaire.com/installateur-panneaux-solaires/) et comparez plusieurs devis avec le formulaire en bas de page. **Production à connaître** Selon l’ADEME, un kWc produit de 900 à 1 300 kWh par an selon la région. Calez la puissance sur votre consommation de journée. --- ## À propos de l'auteur **Frédéric Jézégou** — Frédéric Jézégou écrit pour les particuliers qui préparent un projet solaire ou viennent d’installer des panneaux : choix du matériel, prix et devis, démarches en mairie et auprès d’Enedis, autoconsommation, batterie, rachat du surplus et TVA. Il tient aussi l’annuaire des installateurs de panneaux solaires, construit à partir de la liste RGE de l’ADEME. Les prix sont donnés à titre indicatif avec leur source et leur date, les règles vérifiées sur les sources officielles (service-public.gouv.fr, ADEME, Enedis, CRE, BOFiP), sans recommandation commerciale.